A propos

Loran Piédon-Guillot a quelque chose d’animal.

Il faut l’avoir vu kicker son vieux Knucklehead et considérer la pertinence de son esprit tapi sous la chevelure que contient avec bonheur le Cromwell authentique pour finir de s’en persuader.

Et s’il fallait encore se convaincre de la surhumanité de ce vieux bougre, il conviendrait enfin d’accepter l’inacceptable : Il est le peintre, le barbouille de quelques enfances qui remue la tripe aussi sûrement que des épinards de cantine.

Et c’est la dimension chirurgicale de ses oeuvres qui frappe le plus, la façon qu’il a de disséquer ses songes, de tronçonner ses pensées. Des corps geignent, se tordent et se fragmentent parce que les tourments de la chair sont ceux de la vie.

Sa peinture a le paradoxe d’une saveur acre : celle de ces bonbons au poivre dont on espère absolument qu’ils dérangeront mais auxquels on ne peut s’empêcher de goûter comme aux parfums entêtants d’une femme interdite.